Féminisme et mutilations sexuelles

October 15th, 2011

Publié dans Le Post, par Susan Peer, le 12 octobre 2011.

… Dans les sociétés où la femme est une marchandise, ces excisions, ravalant la sexualité féminine à la fonction de substitut du prépuce, sont le complément ultime, logique, de la circoncision et vice-versa.  

En effet, dans les cultures polygames, ces castrations partielles, menaces de castration totale ou de mort, visent ou visaient d’un côté à imposer virginité et fidélité en réduisant les ardeurs des jeunes femmes par l’infirmité et la terreur, de l’autre, toujours par la terreur, à dissuader les fils de rivaliser avec leurs pères vis à vis des jeunes épouses. La circoncision, nous l’avons vu, menace davantage la petite fille que le petit garçon. Les mutilations sexuelles sont ainsi l’un des instruments de la perversion de la relation femme-homme dans les sociétés patriarco-matriarcales (traitement de la femme comme une servante plutôt que comme une égale, réclusion à la maison ou sous la robe, souci obsessionnel de la pureté, négation du droit à l’éducation et au travail, vente comme marchandise, mariage forcé, interdiction du mariage avec les étrangers, répudiation, absence de droit au divorce, polygamie, impunité du viol, lapidation des adultères, crimes d’ honneur, obésité forcée, élongation des lèvres buccales ou vulvaires, repassage des seins, etc.).

L’une des pires répressions de l’indépendance individuelle et de la sexualité, elles traumatisent, terrorisent et culpabilisent l’enfant et l’adulte. Mais à trop vouloir tirer – c’est tentant dans une lutte sexiste contre les hommes – sur l’argument d’une mutilation déclarée exclusivement féminine, nombre de féministes occidentales pervertissent la conceptualisation des mutilations sexuelles en en faisant une affaire d’adultes, alors que la mutilation marque précisément le passage à l’âge adulte.

Reposant sur une optique statique plutôt que dynamique, transgénérationnelle, cette interprétation fausse le sens profond d’une violence exercée sur les mineurs des deux sexes.

Il faut dire et répéter qu’avant d’être féminines ou masculines, les mutilations sexuelles frappent les mineurs; elles visent la sexualité infantile autant que la sexualité adulte mais, le plus souvent, bien avant. Il suffit pour s’en convaincre de constater qu’en Afrique, devant la réaction des autorités qui interdisent la mutilation féminine, ces dernières frappent de plus en plus jeunes les petites filles, même bébés (avant 5 ans au Mali dans 50 à 75% des cas, selon le Dr Touré[2]), qui commencent à se défendre, avec l’appui de la police dans certains pays … //

… CLITORIS ET PREPUCE:

  • Une vue féminine sur la façon d’éduquer les autres au sujet de la mutilation sexuelle
  • Si je parle à des femmes de la circoncision et qu’elles ont l’air de ne pas comprendre, je me fais personnelle. Quelquefois, je raconte une histoire (cela marche probablement mieux entre femmes). Je leur dis :
  • Imagines que tu es admise à l’hôpital pour une chirurgie mineure. Au réveil de l’anesthésie, tu t’aperçois que tes lèvres internes et le capuchon de ton clitoris ont été enlevés.
  • Lorsque tu rencontres le docteur, il t’explique que ces tissus ont été enlevés parce qu’ils étaient “inutiles”, non nécessaires au fonctionnement sexuel.
  • Il poursuit en disant que tu seras plus à l’aise et que tu auras moins d’odeurs, qu’il y aura moins de chances d’infection et qu’il ressent que tu auras “meilleure” apparence, plus esthétique. Il dit que lorsqu’il a exposé tous les “risques” et “bénéfices” à ta famille, ils ont approuvé, par écrit.

Comment te sentirais-tu?

  • Et maintenant, imagines que tu n’étais pas endormie mais que tu résistais mais qu’ils l’ont fait quand même.
  • Si elles ne comprennent pas tout de suite, elles comprennent plus tard, lorsqu’elles sont seules.

(le très long texte en entier).

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